L’ÉTUDE DU MORSE

La pratique de la lecture au son de l’alphabet Morse fait partie des connaissances -de tout amateur-émetteur. 

L’étude de la lecture au son débute évidemment par celle de l’alphabet Morse et l’on commencera l’assimilation de ce dernier, à la vue de sa représentation graphique. Toutefois, il sera sage de ne pas oublier que le but poursuivi est de caractère auditif et Von associera, sans attendre, l’auditif au visuel, par exemple en sifflant les signaux Morse.

D’autre part, on se procurera un « buzzer » que l’on branchera en série avec un manipulateur et une pile, ou, mieux encore, on constituera un « parleur à lampes ». Cela permettra, tout en écoutant les signaux, d’apprendre à manipuler.

Il va sans dire que l’aide d’un opérateur manipulant déjà entraîné est avantageuse, mais il est quand même possible d’apprendre seul.

Au début, on étudiera lettre par lettre et l’on s’attachera tout spécialement à bien observer la cadence des signaux Morse, c’est-à-dire les durées relatives entre les points, les traits et les intervalles.

Certaines manipulations, prétendant à l’originalité ou à quelque « chic » personnel, sont à réprouver; citons l’accélération de la cadence au cours d’une succession de points, ou encore l’allongement relatif des traits, etc.

Dans un même ordre d’idées, les débutants demandent souvent que l’on augmente un peu l’espace entre lettres successives, afin de mieux discerner celles-ci. Cette satisfaction peut leur être donnée afin de rendre leurs débuts* plus encourageants, mais il sera bon de revenir aussi vite que possible aux espacements relatifs normaux. N’oublions pas, en effet, que la transmission en Morse repose sur un rythme bien défini, et que plus tôt on apprendra à le respecter, mieux cela vaudra.

Bien entendu, ce rythme pourra se trouver ralenti ou accéléré dans son ensemble, tout comme un morceau de musique peut être exécuté dans un mouvement plus ou moins vif, mais les rondes, blanches, noires… les silences, n’en gardant pas moins les mêmes durées relatives.

L’objectif devant être atteint est l’élimination de la représentation graphique des signaux Morse. Aussi faut-il arriver, à ne plus analyser les combinaisons de points et traits entendues. Le « cliché rythmique auditif» d’une lettre doit, sans travail de réflexion, déclencher l’inscription de la lettre correspondante.

Il est évident que ce résultat ne sera pas immédiat, mais son échéance peut n’être pas lointaine si l’on travaille avec méthode. (On forme bien des lecteurs au son en deux mois et demi à trois mois, dans les services des transmissions.)

Au début de l’entraînement, il est inutile de faire des séances longues; cinq minutes nous paraissent une limite. En effet, tant que l’esprit travaille pour traduire les combinaisons de signaux entendues, la fatigue vient assez rapidement et l’on arrive vite au moment où le cerveau de l’élève ne « répond » plus. Mieux vaut répéter aussi souvent que possible, de courtes séances.

A mesure que s’installe le réflexe d’automaticité dans la traduction des signaux, la fatigue disparaît et l’on peut, avec agrément, lire au son durant de longues périodes de temps.

Nous mentionnerons encore l’existence de cours de lecture au son enregistrés sur disques, solution commode pour un entraînement individuel.

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Buzzer et parleur à lampes

Le buzzer est un accessoire simple et commode pour l’enseignement de la lecture au son. On sait qu’il repose sur le principe de la sonnerie électrique (attraction par un électro-aimant E, d’une armature L, associée à un rupteur à vis micrométrique V). Toutefois, l’armature L prend ici la forme d’une lame capable de vibrer à une fréquence audible et donne ainsi une note musicale.

Le circuit est simplement celui de la figure 15-1, où l’on voit le buzzer connecté en série avec une pile P (généralement de 4,5 volts) et le manipulateur M.

Cet ensemble n’étant pas très bruyant, on aura intérêt, s’il s’agit d’enseigner la lecture au son à plusieurs élèves, à monter en dérivation, sur l’enroulement E, une ligne alimentant plusieurs casques ou un haut-parleur à haute impédance (ancien magnétique ou électrodynamique muni d’un transformateur d’adaptation pour 7000 ohms). Un condensateur C, de 0,5 à 2 uF, doit être placé en série, de manière que le courant continu alimentant l’enroulement E ne puisse passer dans la ligne.

Une formule beaucoup plus perfectionnée se trouve dans un « parleur à lampes ». Nous donnons, par la figure 15-2, le schéma d’un appareil que nous avons mis au point. Il comprend un oscillateur du type R C, dont la fréquence peut être réglée (avec les valeurs indiquées pour le « circuit R C ») entre 600 et 900 Hz. Cet oscillateur est suivi d’une amplification B.F.

Un haut-parleur est incorporé dans le coffret, mais un départ de ligne est prévu pour alimenter à distance des casques ou d’autres haut-parleurs.

La réalisation d’un tel « parleur à lampes » ne présente aucun détail critique.

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Le choix du manipulateur

Il faut surtout songer aux longues séances de trafic et, à ce titre, le genre de manipu­lateur dit « américain » est très recommandable du fait de sa forme basse, permettant de ne pas travailler avec l’avant-bras trop levé. Les doigts ne seront pas crispés, et l’on obtiendra la manipulation grâce à de légers mouvements du poignet, lequel restera très souple.

Le réglage de la course du manipulateur et celui du ressort de rappel dépendront des goûts personnels de l’opérateur. Notons cependant que, pour maintenir longtemps une cadence de manipulation rapide, il sera préférable d’alléger le ressort de rappel et de régler la course de manière qu’elle soit faible.

 

source CH.Guilbert  F3LG

 

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